Qu’est-ce que le genre ? Conférence de Christine Détrez – 30 Janvier 2016

Les 30 et 31 janvier 2016 s’est tenue la première édition de « Questions d’éthique » en partenariat entre le Lieu Unique et l’association Ethica à Nantes et avait pour thème « Le genre ».

Voici la première conférence d’introduction de Christine Détrez, maîtresse de conférence à l’ENS Lyon. Continuer la lecture de Qu’est-ce que le genre ? Conférence de Christine Détrez – 30 Janvier 2016

Un tourisme décolonial est-il possible ?

Ébauche d’un programme de recherches sur la possibilité de décoloniser le tourisme.

1. Le tourisme est historiquement le produit de rapports coloniaux. C’est-à-dire qu’il a été à la fois le but et le moyen de maintenir un rapport d’oppression sur des territoires et des peuples. En quoi les structures touristiques actuelles sont-elles l’héritage d’un passé colonial qui continue d’entretenir une répartition des biens et services inégale ?

2. Il faut définir le tourisme et en déployer les différentes facettes : économique, culturelle, écologique, politique, etc… pour pouvoir démontrer si oui ou non différentes formes de tourisme participent encore aujourd’hui d’un rapport colonial ou néocolonial. Si le tourisme est le biais privilégié des échanges culturels (dans l’idéal universaliste) c’est donc un instrument fort de normalisation à travers par exemple l’exotisation de cultures indigènes.

3. Cela implique de discuter d’une définition de ce que sont les rapports coloniaux aujourd’hui, d’inscrire cette discussion dans la transformation de ces rapports. Le tourisme d’aujourd’hui n’est pas le tourisme aristocratique du XVIIIè siècle, il a changé autant que le racisme et les rapports sociaux de race ont changé. On peut faire l’hypothèse que le tourisme n’est qu’une des formes d’un racisme soft, adouci, édulcoré, venant entretenir l’idéal d’un universalisme aveugle aux inégalités sociales de race.

4. Une charte du tourisme éthique ou responsable a été développée par les industriels du tourisme pour répondre à des problèmes « éthiques ». Quelles sont les interrogations auxquelles tente de répondre une telle charte ? Quelles sont les interrogations qui sont oubliées ? En quoi une telle charte répond-elle à ses propres interrogations ? En quoi – évidemment – elle ne saurait répondre aux problèmes qu’elle ne voit pas.

5. Dans un contexte de crise écologique et sociale globalisée, jusqu’où est-il légitime d’envisager le tourisme indépendemment des autres rapports politiques, sociaux et culturels ? Si le tourisme semble être l’incarnation de la liberté absolue, la liberté de circuler et de profiter du « monde entier », n’est-ce pas alors l’activité même qui marque les rapports de classe et de race à l’échelle planétaire ? Comment prendre en compte la montée des classes aisées dans les pays les moins riches ?

Voir son steak comme un animal mort – Conférence de Martin Gibert

Chercheur en éthique de l’intelligence artificielle et rédacteur en chef de Véganes magazine, Martin Gibert donne une conférence sur la psychologie morale et la question animale. Captation sonore du 8 décembre 2015 à l’université Rennes 2, organisée par Sentience et le CRPÉA.

 

Vous pouvez aussi bien sûr lire le livre :

Voir son steak comme un animal mort

 

 

8 brochures décoloniales – octobre 2017

Un texte qui fait la critique de l’action humanitaire, dans une perspective décoloniale, c’est écrit par Amina Yala : Les paradigmes coloniaux de l’action humanitaire

Des extraits du livre La mécanique raciste, de Pierre Tevanian, qui explique ce qu’est la race et l’antiracisme politique. Extraits issus du site lmsi.net : En finir avec l’antiracisme d’État

Avec Saïd Bouamama ils reviennent sur ce qu’est le racisme comme système et affirment la nécessité de penser le racisme dans un contexte « post-colonial » : Un racisme post-colonial

Du même site on peut lire une longue critique (36p) de l’idéal de la mission civilisatrice :  Mission civilisatrice

Un autre texte d’Achille Mbembé revient sur l’usage du concept de race et fait la critique de la vision française républicaine « aveugle » : La république et l’impensé de la race

Deux textes de Françoise Vergès, le premier sur l’outre-mer comme continuation d’un modèle colonial, et le second interroge davantage le rapport à l’histoire :

L’outre-mer une survivance de l’utopie coloniale républicaine ?

Malaise dans la république

Un texte enfin qui traite de colorisme où Pap Ndiaye explique en quoi le racisme se décline selon le degré de couleur de peau :  Questions de couleur

 

Ces différences qui comptent

Compter est une des premières choses dont peut se vanter l’enfant qui apprend un savoir théorique. Nous comptons tous, toutes, tout et tout le temps, surtout le temps qui passe. Savoir compter c’est se repérer dans le temps et dans l’espace. Mais compter sur quelqu’un⋅e c’est aussi lui faire confiance et une personne qui compte pour soi est une personne qui a de la valeur affective. Il y a des choses que l’on compte et d’autres que l’on ne compte pas.
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Les limites politiques d’un réformisme bien intentionné : critique de «Les nourritures» de Corine Pelluchon

Lecture critique de « Les nourritures » de Corine Pelluchon, paru aux Éditions du Seuil en 2015

L’effort que fournit Corine Pelluchon est louable. À travers une relecture de théories classiques de la philosophie ontologique et politique, elle offre un plaidoyer en faveur de l’environnement et des animaux. Sa stratégie part d’une critique de présupposés philosophiques quant à la nature de notre manière d’être et de vivre, d’être en relation avec les animaux et notre environnement. De là elle va imaginer quelles seraient les pistes d’un avenir plus respectueux de ces derniers. Malheureusement, si certains arguments sont fondés et forts, elle n’ouvre pas de nouvelle voie et ne fait que répéter certains discours pour le moins hésitants sinon problématiques. Elle ne fait pas de politique, elle l’avoue elle-même, et il ne faut pas voir dans ces quasi 400 pages autre chose qu’un essai de philosophie, avec les critiques qu’on peut faire à toute philosophie réformiste. Continuer la lecture de Les limites politiques d’un réformisme bien intentionné : critique de «Les nourritures» de Corine Pelluchon

Le combat animalier est frère des combats d’émancipation

L’anthropologue Claude Lévi-Strauss estimait que « l’homme a resserré trop près de lui-même les frontières de son humanité ». À ne plus appréhender le monde qui nous entoure autrement que par ce que nous pouvons y prendre, nous n’avons de cesse de surexploiter le milieu naturel et de menacer sa capacité de régénération. Aurélien Barrau, astrophysicien, chercheur et auteur de l’essai Des univers multiples, est de ceux qui regardent avec la même passion le très lointain — des trous noirs à la gravité quantique — comme ce que, juste à nos côtés, nous refusons trop souvent de voir : le sort infligé aux animaux afin qu’ils puissent régaler nos assiettes. C’est sur ce dernier sujet, très précisément, que nous avons tenu à l’interroger.

Mise en page au format Brochure d’un entretien disponible sur le site

Ballast :

Aurélien Barrau : « Le combat animalier est frère des combats d’émancipation »

à télécharger ici : ballast_barrau

Colonialisme, impérialisme et libération animale

Traduction sur le pouce du billet suivant :

Colonialism, Imperialism and Animal Liberation

Le colonialisme n’est pas une machine pensante, ni un corps doté de facultés de raisonner. C’est la violence à l’état naturel, et elle ne cédera seulement que confrontée à une plus grande violence.

Frantz Fanon Les damnées de la terre. Continuer la lecture de Colonialisme, impérialisme et libération animale

Le SPACE, fleuron du spécisme

Antispaciste : capitalisme et exploitation animale

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Ça se passe à Rennes tous les ans et c’est la triste preuve que la libération animale n’est pas pour demain. Le SPACE c’est le salon international de la production animale (Salon des Productions Animales Carrefour Européen) où des centaines de milliers de visiteurs et exposants achètent, vendent, discutent, signent des contrats et font concourir des bêtes depuis une trentaine d’années. C’est donc dans cet endroit que se concentrent toutes les personnes qui œuvrent au maintien de l’exploitation animale et qui développent des savoirs, des procédés et des technologies pour le maintien de l’exploitation et la domination animale. La France et la défense de son patrimoine gastronomique saucisson-fromage et la Bretagne pays producteur de porcs sont au sommet de ce système, dont l’idéologie spéciste déborde amplement pendant cet événement. Qu’avons-nous à dire en tant qu’antispécistes face à une telle démonstration de force ? Continuer la lecture de Le SPACE, fleuron du spécisme

« Femme », « Animal », et Capitalisme : Les perspectives de Jason Hribal et Silvia Federici

Traduction d’un article d’une publication espagnole transféministe pour la libération animale disponible en version original sur le site Jauria . Numéro 1 (2015) p.23-26

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L’histoire de l’accumulation d’un autre point de vue

Normalement, l’industrialisation et le capitalisme (ainsi que les relations de classe qui en découlent) nous expliquent la figure du travail productif et salarié. Ce point de vue ignore et passe sous silence le rôle de millions de sujets dont la force de travail a aussi été utilisée pour l’accumulation, et dont l’exploitation et la résistance aussi a fait partie de l’histoire. D’un côté, nous parlons des animaux non humains et de leur travail non rémunéré, essentiellement pour le développement des principales industries et la création de richesse ; de l’autre, nous nous référons à la femme reléguée au rôle de soigneuse/reproductrice, soigneusement désignée pour garantir la continuité du système et dissuader de quelconque soupçon de dissidence ou de solidarité. Continuer la lecture de « Femme », « Animal », et Capitalisme : Les perspectives de Jason Hribal et Silvia Federici