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III. L’immanence du pouvoir chez Foucault – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

Si vous avez manqué le début, ça commence ici :

mémoire M1

L’immanence du pouvoir chez Foucault

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La démarche est simple : on étudie le pouvoir en se demandant où il est, d’où il vient et comment on peut agir dessus ou avec ce pouvoir, on se rend compte que le pouvoir n’est pas seulement négatif, qu’il produit des choses, mais alors quoi ? Et qui produit le pouvoir ? En adoptant ce point de vue on se rend compte que le pouvoir étant diffus, il faut étudier les normes, alors on se demande d’où viennent les normes, pour cela on cherche leur origine au sens généalogique (à la manière de Nietzsche et Foucault) et donc on cherche à voir quelles fonctions les normes remplissent dans les contextes particuliers qui nous intéressent. À partir du fonctionnement défini comme normal on va essayer de montrer quelles sont les marges d’action possible pour renverser l’ordre établi. Continuer la lecture de III. L’immanence du pouvoir chez Foucault – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

Autonomie et valeurs

« Le projet d’une société autonome ne reste-t-il pas (autant que la simple idée d’un individu autonome), en un sens, « formel » ou « kantien », pour autant qu’il apparaît n’affirmer comme valeur que l’autonomie elle-même ? Plus précisément : une société peut-elle « vouloir » être autonome pourêtre autonome ? Ou encore : s’autogouverner – oui ; mais pour quoi faire ? La réponse traditionnelle est, le plus souvent : pour mieux satisfaire les besoins. La réponse à la réponse est : quels besoins ? Lorsqu’on ne risque plus de mourir de faim, qu’est-ce que vivre ?
– Une société autonome pourrait « mieux réaliser » les valeurs – ou « réaliser des valeurs autres » (sous-entendu : meilleures) ; mais lesquelles ? Et que sont des valeurs meilleures ? Comment évaluer les valeurs ? Interrogation qui prend son plein sens à partir de cette autre question « de fait » : dans la société contemporaine, existe-t-il encore des valeurs ? […] Ou y a-t-il plutôt effondrement graduel de la création culturelle et – ce qui, pour être devenu lieu commun, n’est pas nécessairement faux – décomposition des valeurs ? »
et un peu plus loin on peut lire :

« …dans quelle mesure la destruction ou l’usure de ces « valeurs » est déjà avancée, et dans quelle mesure les nouveaux styles de comportement que l‘on observe, sans doute fragmentairement et transitoirement, chez des individus et des groupes (notamment de jeunes), sont annonciateurs de nouvelles orientations et de nouveaux modes de socialisation. Je n’aborderai pas ici ce problème capital et immensément difficile. »
Extrait de « Transformation sociale et création culturelle », publié en 1979 et repris dans Fenêtre sur le chaos, Cornelius Castoriadis