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« Les cinq faces de l’oppression » de Iris Marion Young

Traduction de

« Five faces of oppression » (1990)

de Iris Marion Young

Five faces of oppression – Texte original en anglais

Ce chapitre de l’ouvrage intitulé Justice and the politics of difference est devenu un classique de la théorie féministe et de la philosophie de la domination en général. Ce texte fournit cinq critères qui permettent de définir ce qu’est un groupe opprimé, en plus de proposer une analyse constructiviste et matérialiste des rapports d’oppression. Presque trente ans plus tard, cet ouvrage n’est toujours pas traduit en français alors qu’il me semble offrir des outils efficaces pour traiter des questions d’oppression dans une approche intersectionnelle sans avoir à se restreindre à une seule manière d’être opprimé⋅e et sans hiérarchiser les formes d’oppression. Ce texte est une première proposition d’un travail en cours, tous les retours et propositions de formulations sont les bienvenues !

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V. De la théorie performative à la puissance d’agir – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

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De la théorie performative à la puissance d’agir

Pour comprendre la dimension productive du pouvoir, on ne peut admettre l’existence préalable des sujets sur lesquels un tel pouvoir agit. Pour achever cette présentation du pouvoir et des normes chez Butler il est donc nécessaire de montrer comment le sujet se construit avec le pouvoir et les normes et comment la manière d’envisager cette construction permet d’aboutir à des stratégies d’émancipation. Continuer la lecture de V. De la théorie performative à la puissance d’agir – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

IV. L’ordre social et la société de normes – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

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L’ordre social et la société de normes

Comprendre comment l’ordre social repose sur des normes, et comprendre comment ces normes instituent des comportements hégémoniques soutenant des structures sociales pour voir comment des pratiques subversives peuvent ouvrir des brèches dans cet ordre social. Comprendre comment se construisent les rapports de pouvoir genrés sur la construction du genre comme structure avec des normes, et si le genre c’est la construction sur laquelle reposent des rapports de pouvoir inégaux, il faut le déconstruire. Continuer la lecture de IV. L’ordre social et la société de normes – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

III. L’immanence du pouvoir chez Foucault – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

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L’immanence du pouvoir chez Foucault

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La démarche est simple : on étudie le pouvoir en se demandant où il est, d’où il vient et comment on peut agir dessus ou avec ce pouvoir, on se rend compte que le pouvoir n’est pas seulement négatif, qu’il produit des choses, mais alors quoi ? Et qui produit le pouvoir ? En adoptant ce point de vue on se rend compte que le pouvoir étant diffus, il faut étudier les normes, alors on se demande d’où viennent les normes, pour cela on cherche leur origine au sens généalogique (à la manière de Nietzsche et Foucault) et donc on cherche à voir quelles fonctions les normes remplissent dans les contextes particuliers qui nous intéressent. À partir du fonctionnement défini comme normal on va essayer de montrer quelles sont les marges d’action possible pour renverser l’ordre établi. Continuer la lecture de III. L’immanence du pouvoir chez Foucault – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

II. Pourquoi le postmodernisme est une impasse ? – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

Pourquoi le postmodernisme est une impasse

La thèse constructiviste est l’argument principal avancé par les postmodernes. Mais ce courant historique ne se réduit pas à cela. Il est nécessaire de présenter ce courant puisque Butler en est une principale représentante. Que ce soit le rejet des structures ou de certaines dimensions d’un projet moderne, il faut voir que c’est toujours le défaut d’essentialisation qui est pointé. Mais puisque nous avons déjà vu que ce seul critère est commun à diverses théories constructivistes, c’est dans l’attrait pour le langage et la culture qu’il faudra voir le trait spécifique du courant postmoderne. Continuer la lecture de II. Pourquoi le postmodernisme est une impasse ? – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

I. La construction du genre – Changer les normes : renverser ou renforcer la domination ?

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Introduction

Que puis-je espérer produire avec un travail universitaire qui porte sur des pratiques politiques d’émancipation ? Jusqu’où la personne engagée que je prétends incarner peut-elle séparer la tâche de l’intellectuel⋅le de celle du⋅de la militant⋅e ? L’acte d’écriture de ce mémoire a été en lui-même objet de réflexion et de doute. Passer autant de temps à théoriser l’action dans un moment historique où se trame un mouvement social d’une grande ampleur m’a paru frustrant et ironique. Pour autant il ne faut pas confondre le temps de l’action et le temps de la réflexion. Si je cherche encore à expliquer l’absence de motivation à l’action pour mieux la susciter, je pourrais dénoncer un manque de réflexion chez toutes celles et ceux qui se disent indigné⋅e⋅s. Si je ne veux pas que mon travail de recherche ne s’adresse qu’à des chercheur⋅se⋅s ni non plus seulement à des personnes déjà engagées, c’est que j’ai encore l’espoir que la réflexion peut faire avancer les choses. Pourtant, performance contre-performative par excellence, j’aimerais présenter un discours qui vise à convaincre que c’est en dehors du discours que l’émancipation se joue, et que le discours dans son usage normal vient toujours rigidifier les rapports sociaux.

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Domination et émancipation

Comment concevoir les concepts de liberté, émancipation et domination à travers les deux mondes humain et animal ? Peut-on élaborer ces concepts différemment selon s’ils s’appliquent à l’humain ou l’animal ? Doit-on au contraire penser la liberté animale sur le modèle de l’émancipation humaine ? Ou inversement ? L’homme peut-il encore se penser et penser le reste du règne animal sur le mode de la nature définie ? Comment faire pour penser la liberté de l’animal à partir de l’homme quand l’homme prend lui-même l’animal comme modèle ? Et comment faire quand il tente de penser sa liberté en opposition au déterminisme animal ?
Existe-t-il des sociétés animales non humaines qui fonctionnent sur un modèle anarchique ? Admettons que tout groupe social animal soit conçu dans un rapport de soumission et domination. L’homme peut légitimement vouloir échapper à ces systèmes mais jusqu’où le peut-il ? L’homme peut-il construire une société humaine dépourvue de tout rapport de domination ? La question se pose alors sur un plan strictement humain, politique : peut-on abolir tous les rapports de domination au sein de l’espèce humaine ? Mais l’interrogation renvoie aussi aux rapports que l’humain peut entretenir avec le reste du vivant animal : si l’animal s’inscrit naturellement dans des rapports de domination, peut-on ou doit-on chercher à les abolir ?
Jusqu’où sommes-nous libres de déterminer notre nature et celle des autres ? L’histoire nous a montré que le vivant varie au gré du temps et de la volonté des êtres qui le composent. Nous avons toujours à faire à un double discours qui oppose la volonté de se conformer à une nature qui fonctionne à la volonté de s’en détacher dans une démarche dite de progrès ou de modernité. Il y a une limite à l’apparente nécessité de maîtrise des lois qui régissent notre monde vivant dans l’incapacité à les dépasser.